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OGM : la Suisse prolonge son moratoire

Publié le : 13 octobre 2021Par

En 2005, une initiative populaire obtenait l’interdiction des OGM en Suisse, pour une période de quatre ans. Depuis, le gouvernement a déjà choisi à trois reprises de prolonger ce moratoire, et devrait le renouveler encore une fois le moins prochain, jusqu’en 2025. Au grand dam des lobbies, qui grognent et affûtent leur propagande, avec une nouvelle cible : les jeunes activistes pro-climat.

C’est peu dire que les Suisses ne veulent pas d’OGM dans leurs assiettes ni dans leurs champs. Lors du dernier grand sondage national sur le thème de l’environnement en 2019, ils étaient 76 % à estimer que les manipulations génétiques pour la production alimentaire étaient dangereuses, voire très dangereuses.

Depuis seize ans, le moratoire sur le génie génétique interdit la culture de plantes génétiquement modifiées en Suisse, sauf à des fins de recherche. Le Conseil fédéral, estimant qu’« il n’existe toujours pas de consensus politique » et que « ni le secteur de l’agriculture ni les consommateurs n’ont montré d’intérêt pour le lever » (bel euphémisme) va très probablement reconduire l’interdiction pour quatre années supplémentaires.

Trop d’incertitudes

Le gouvernement suisse invoque deux raisons principales, ou plutôt deux incertitudes : le manque de recul scientifique et les risques (les mutations non souhaitées, par exemple), et l’impact des OGM sur une agriculture qui se voudrait durable. On connaît en effet les dégâts irréparables sur les sols et la santé causés par les monocultures OGM arrosées d’herbicide glyphosate.

« Le temps du moratoire doit être mis à profit pour répondre aux incertitudes liées aux nouvelles technologies génétiques, pour débattre de leur place dans une agriculture durable et pour acquérir le savoir nécessaire pour assurer la traçabilité de ces produits afin que le consommateur puisse exercer librement son choix », conclut le Conseil fédéral.

Campagne pro-OGM

Face à cet état de fait, plusieurs dizaines de scientifiques, généticiens et agrochimistes, peut-être en manque de financement, ont lancé une campagne dans les médias alémaniques, répercutées dans les quotidiens francophones comme Le Temps, mais également sur les plateformes supposément « indépendantes », comme le portail web Heidi.ch. (En réalité, Heidi.ch est détenu par Le Temps, qui appartient à la fondation genevoise Aventicus, financée par… trois autres fondations, elles-mêmes contrôlées par la pharma Roche, les montres Rolex et la banque Reyl).

Pour ces chercheurs pro-OGM, dont les arguments sont résumés par l’éditorialiste invitée d’Heidi.ch, par ailleurs vice-présidente du Forum Recherche génétique de la Société suisse de science naturelle, « de nombreux nouveaux outils, plus précis, sont apparus dans le contexte de l’édition génomique » (est-ce que cela signifie que les outils antérieurs n’étaient pas aussi précis et maîtrisés que ce qu’on nous affirmait ?…), mais surtout, « nous assistons peut-être à la montée d’une nouvelle génération plus ouverte à des solutions innovantes pour répondre aux défis de société ».

Convaincre les jeunes

L’objectif des communicants pro-OGM est clair : convaincre cette nouvelle génération que seules les manipulations génétiques permettront de « sécuriser l’approvisionnement alimentaire mondial et venir en renfort de la protection du climat », poursuit la sociologue zurichoise. En effet, « il ressort des travaux de recherche que les gens sont prêts à accepter une petite part d’incertitude ou de risque s’ils y voient une utilité ». Car de toute façon, « la maxime selon laquelle « le naturel est meilleur » (…) suggère à tort que le caractère naturel est le gage d’une qualité supérieure, de plus de sécurité ou d’une meilleure santé. »

En bref, la nature est surfaite, laissez-nous prendre la main, tout va bien se passer

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À propos de l’auteur

Né dans les froides montagnes du Jura neuchâtelois, Lars a toujours eu la bougeotte et une attirance irrépressible pour les chaleurs tropicales autant que pour les noirceurs romantiques adolescentes, dont il a rendu compte dans le livre *Gothic Romandie : la décennie noire* (2017). Journaliste, secrétaire de rédaction, puis rédacteur en chef de son propre magazine, il avait choisi de tout plaquer pour les Philippines, mais arraché à son île par l’ouragan covid, il a rejoint la fine équipe du Chou Brave et s’oriente désormais vers la formation d’adultes.

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