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Neutralité carbone : la France à la croisée des chemins

Publié le : 6 novembre 2021Par

Il aura fallu deux ans d’analyses au gestionnaire du réseau de transport d’électricité (RTE) pour rendre son rapport sur le futur de l’énergie en France. Pour cela, des experts d’une centaine d’organismes différents (entreprises du secteur de l’énergie, ONG, associations, think-tanks et instituts, autorités de régulation, administrations publiques, etc.) se sont réunis. Cette étude arrive en plein cœur du débat public sur l’énergie et le climat. L’enjeu : sortir totalement de l’énergie fossile d’ici 2050, atteindre la neutralité carbone et ainsi respecter les objectifs de l’Accord de Paris.

Concilier nucléaire et renouvelable ?

Pour parvenir à la neutralité carbone, des changements drastiques seront nécessaires dans les secteurs des transports, de l’industrie et du bâtiment. En France, près des 2/3 de l’énergie utilisée sont d’origine fossile. Il s’agit principalement des produits pétroliers (de l’ordre de 40 %), du gaz naturel (20 %) et du charbon (moins de 1%).

Sur les six chemins proposés par la RTE, pas moins de cinq incluent l’option nucléaire, qui assure, selon l’étude, le meilleur rapport qualité/prix. Il s’agirait donc d’associer aux centrales existantes, dont le fonctionnement serait prolongé, deux nouveaux réacteurs, du solaire, une augmentation massive de l’éolien, et bien sûr nos barrages hydro-électriques. Si nous savons produire du nucléaire aujourd’hui, l’énergie renouvelable ne représente que 10 % du mix énergétique en France – pour atteindre les objectifs de 2050, il faudrait que celle-ci passe au moins à 50 %.

L’étude souligne aussi la nécessité de réduire fortement la consommation d’énergie d’ici 2050. Pour la RTE, celle-ci devrait passer de 1600 TWh par an à 930 TWh d’ici à trente ans.

Mais le nucléaire dans tout ça ?

Nous devrons non seulement consommer moins, mais aussi produire beaucoup plus d’énergie électrique. La production devrait augmenter de 15 à 20 % d’ici 2035. D’où la question que tout le monde se pose : comment va-t-on produire cette électricité ? Et est-ce que le nucléaire est incontournable ? Alors qu’Emmanuel Macron évoque le fait de lancer six nouveaux EPR (réacteurs à eau pressurisée de 1 600 MW), un seul scénario sur les six définis par RTE propose une stratégie vers le 100 % renouvelable… et c’est aussi le plus cher.

Les politiques contournent la question en pointant le fait que le rapport souligne bel et bien l’urgence de produire du renouvelable. Tout le monde se renvoie la balle et personne ne semble trancher en faveur d’un scénario ou de l’autre. Les enjeux sont colossaux, et à l’aube de la campagne présidentielle, ils pourraient bien servir de faire-valoir aux futurs candidats en lice.

Pourtant, le constat est simple : d’ici 2035, la France n’a absolument pas le temps de construire de nouvelles centrales nucléaires. Selon Xavier Piechaczyk (président du directoire chez RTE Réseau de Transport d’Electricité), « la solution la plus économique consisterait à maintenir le nucléaire en fonctionnement et à accélérer le développement des énergies renouvelables les plus matures ».

Ce rapport relancera-t-il la question du nucléaire au sein de l’opinion publique ? Certes cette énergie est la plus décarbonnée, mais qu’en est-il du traitement des déchets, qui ont une vie de plusieurs milliers d’années, et que nous nous léguons de génération en génération ? Bel héritage que voilà !

Le temps de la décision politique viendra en temps et en heure, comme aime le rappeler Barbara Pompili, ministre de la Transition écologique. Pour elle, deux grands axes seront considérés pour le choix du scénario : la baisse des gaz à effet de serre et la sécurité d’approvisionnement de la population.

Le parc d’énergie renouvelable de la France

Reste que le rapport suggère le recours massif aux renouvelables. Il va falloir, quoi qu’il arrive, installer beaucoup de panneaux solaires et d’éoliennes. Aujourd’hui, nous avons environ 8000 éoliennes sur le territoire français. Pour tenir nos engagements en vue de la neutralité carbone en 2050, il faudrait multiplier par 2,5 à 4 le parc éolien terrestre, ce qui rapprocherait la France de l’Allemagne. Cela implique de nouvelles mesures à prendre en compte, comme la place disponible sur le territoire. Une diminution des nuisances serait indispensable, ou encore inclure les citoyens dans les démarches afin qu’ils puissent financer eux-mêmes leurs propres éoliennes.

De façon générale, éoliennes, panneaux solaires, lignes à hautes tensions, nouvelles centrales, pylônes, etc. vont sortir de terre. Certains considéreront la beauté de ces nouvelles technologies émergentes pour un monde plus vert, tandis que d’autres n’y trouveront que des efforts supplémentaires à fournir contre la défiguration des paysages.

La construction de parcs éoliens offshore pose aussi problème aux populations des bords de mer. L’État, qui souhaite implanter plus de 2400 éoliennes en mer, fait face au dilemme des lieux d’implantations, voulant réduire au minimum leur impact sur la biodiversité ainsi que la défiguration de ces espaces.

Horizon 2022

On l’aura compris, ce rapport arrive « au bon moment » et fera l’objet de nombreux débats houleux. L’enjeu de la neutralité carbone est de taille et servira la classe politique pour la campagne présidentielle de 2022.

Ne perdons toutefois pas de vue que l’urgence est évidemment de freiner nos excès et de faire preuve de bon sens, afin de servir au mieux cet écosystème dans lequel nous évoluons. Il est évident qu’il faut sortir des énergies fossiles au plus vite, non seulement pour réduire notre empreinte carbone, mais aussi parce que ces réserves s’amenuisent.

2022 devrait voir un de ces scénarios se préciser. Reste à voir si ce choix permettra aux générations futures de vivre dans des conditions écologiques qui font sens, et de remettre le vivant au cœur de l’histoire.

Affaire à suivre…

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À propos de l’auteur

Cyrielle est naturopathe spécialisée dans l’alimentation vivante, coach de vie, énergéticienne et autrice du blog Le pouvoir de l’alimentation vivante ! En bref, une thérapeute holistique épanouie.

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