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Néonicotinoïdes : suite et (dramatique) fin

184 pour ; 128 contre : les sénateurs ont suivi les députés en autorisant le retour des néonicotinoïdes, pesticides hautement toxiques, dans les champs de betteraves à sucre !

Les pucerons verts peuvent s’inquiéter : leurs jours sont en effet comptés à ces bestioles qui ont pullulé à la faveur d’un dernier hiver plutôt doux et ont donc mis en péril quelques hectares de cultures betteravières. L’Homme a sincèrement de quoi s’inquiéter également. Car en autorisant l’utilisation, jusqu’en 2023, de semences enrobées de ce pesticide, les députés puis les sénateurs assument ouvertement un choix de régression pour l’environnement.

Mortels pour les abeilles

En 2016, la loi Biodiversité interdisait en effet l’utilisation des néonicotinoïdes nocifs pour la santé autant que pour la biodiversité. De nombreuses études l’ont prouvé : ces molécules sont mortelles pour les abeilles – pollinisateurs indispensables pour notre alimentation – et, en s’infiltrant dans les sols, donc dans l’eau, empoisonnent la faune, la flore… avant de se retrouver inéluctablement dans nos assiettes.

La France était pourtant pionnière

À l’époque, cette décision d’interdiction avait été saluée par tous… Même si elle était destinée à n’entrer en vigueur qu’en 2018, elle marquait une volonté certaine de penser l’agriculture autrement. Emmanuel Macron lui-même, devenu président entre temps, s’attribuait cette avancée déclarant le 1er septembre 2018 sur Twitter : « Notre engagement pour la biodiversité : l’interdiction des pesticides tueurs d’abeilles aujourd’hui. » La France se montrait aussi pionnière en la matière, puisqu’elle était la première au monde à interdire ces produits. Encore eût-il fallu profiter de ces années – 2016 à 2020 – pour mobiliser la recherche sur des solutions alternatives ; encore eût-il fallu que les betteraviers apprennent à s’adapter…

Des solutions vertueuses existent d’après les défenseurs de l’environnement et l’Union nationale des apiculteurs français (UNAF). Elles existent mais, sans doute moins rentables car moins expéditives qu’une substance chimique enrobant une graine, elles n’ont pas su être vulgarisées. Donc… retour à la case départ : le sucre provenant de betteraves que vous ingérerez, déjà reconnu pour favoriser de nombreuses maladies tels le diabète, l’obésité, etc., sera, en plus, porteur de poison. Double fléau, non ? Un fléau tentaculaire, car c’est toute la biodiversité qui est ainsi menacée.

« Une inconséquence coupable »

L’UNAF a parlé d’un vote « d’une inconséquence coupable ». Les écologistes disent s’inquiéter d’un amendement présenté en dernière minute par le groupe LR actant qu’il ne peut y avoir « d’interdiction sans alternative dans des conditions pragmatiques ». Une porte ouverte, selon eux, à toutes les possibilités pour les pesticides. Tous, auxquels s’ajoutent de nombreuses personnalités et des collectifs de citoyens engagés, disent donc continuer à vouloir mettre la pression pour que cessent ces atteintes à l’environnement… Franchement, qu’en penser ? À l’heure où l’agrochimie devient reine, les ambitions vertes semblent de plus en plus s’éloigner…

Blandine BERTRAND
Journaliste indépendante pour Le Chou Brave

2020-10-29T23:34:35+01:00octobre 29th, 2020|0 commentaire

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