Du 7 au 10 juin 2019 s’est tenue la seconde édition des Rencontres de la Régénération, impulsées par Thierry Casasnovas (qu’on ne présente plus). Au programme : des conférences et ateliers, des bains chauds-froids, de nombreux délices crus, et bien d’autres surprises. Une belle occasion de découvrir les leviers de la régénération, et surtout, de passer de la théorie à la pratique.

Jeudi 7 juin, au camping Isis à Saint-Julien-la-Nef (Cévennes). Sous une pluie battante, des centaines de festivaliers de tous âges s’installent et prennent leurs marques en ce premier jour des Rencontres de la Régénération. Au bout du camping, une fois passées quelques camionnettes de restauration végétarienne et/ou crue et des stands de fruits généreux, nous accédons à une jolie clairière, entre montagnes et rivière. Un immense dôme blanc, des tipis, un chapiteau, une grande roue mécanique et bien d’autres structures accueillantes ont été installés pour ce long weekend de Pentecôte qui promet d’être réjouissant, et surtout régénérant.

Au cours de quatre jours de festival, environ 2 500 personnes venues de la France entière ont fait le déplacement pour comprendre les fondements de l’approche proposée par Thierry Casasnovas. Au cœur de son enseignement, l’hygiène de vie, l’alimentation vivante et le jeûne sont centraux. Le festival est donc l’occasion de rencontrer des dizaines d’intervenants, experts en techniques de régénération, et surtout de « passer à l’action », puisqu’en plus de conférences et témoignages, de nombreux ateliers et outils sont proposés pour que chacun puisse mettre en pratique les connaissances glanées. Le format de l’événement est appréciable : chacun a le choix, s’il le souhaite, de venir « butiner » quelques informations ça et là, ou de suivre un programme de régénération plus intense. L’événement s’organise en quatre zones : à l’espace thermal, bains chauds-froids*, bains d’argile et sauna permettent à ceux qui le souhaitent de découvrir l’hormèse* (voir encadré), accompagnés quatre heures par jour des conseils du naturopathe Pierre Dufraisse et du coach Jean-François Tual.

L’espace alimentation, outre son marché de producteurs locaux et la vente de fruits exotiques aux saveurs indéfinissables, dispose d’extracteurs de jus en accès libre, d’un stand permettant de goûter à l’excellente spiruline* fraîche de Gilles Planchon, d’ateliers autour des graines germées et autour de l’argile, avec le médecin et naturopathe Jade Allègre, experte en la matière. Enfin l’espace animation en accès libre offre de quoi divertir les petits et grands, avec des jeux solaires, une grande roue, un parcours d’obstacles et des trampolines…

De 9h à 22h30 pour les plus motivés, un programme extrêmement diversifié a été proposé, touchant à la fois à la santé par le cru, à l’éducation, à l’aromathérapie, aux chants et instruments sacrés, aux activités sportives propices à la santé (danse, Chi Gong, entraînement à haute intensité)… Sans oublier la projection de documentaires, tel La marche sans faim. Chaque jour, un temps était aussi consacré à des questions-réponses avec Thierry Casasnovas. Puis tous les soirs, un concert et/ou un spectacle est venu clôturer les réjouissances.

L’événement a été l’occasion pour l’équipe du Chou Brave de rencontrer et d’interviewer des intervenants du festival. Au cours de ces entretiens, nous avons pu découvrir le parcours hors norme de ces personnes engagées et passionnées, ainsi que le cœur de ce qu’elles proposent au quotidien. Gilles Planchon a pu partager sa passion pour la belle spiruline*, cette micro-algues aux nombreuses vertus pour la santé, qu’il a à cœur de faire connaître afin qu’un maximum de foyers puisse un jour la cultiver à domicile – un homme résolument généreux et désintéressé. Les naturopathes/ iridologues Julien Allaire et Pierre Dufraisse, dont les noms vous seront peut-être familiers, ont pu partager leur vision de la santé, qui s’appuie sur les grands piliers de la naturopathie, sur l’hormèse* et sur leurs méthodes pour dresser un bilan naturopathique au plus juste. Le temps passé aux côtés de Dominique Guyaux, qui a étudié l’alimentation vivante et propose son approche appelée « alimentation sensorielle* » fut émouvant et riche. Le cru fut pour lui salvateur, puisqu’il lui a permis de « dompter » sa sclérose en plaque. Enfin, Emmanuelle Roques, formatrice en MBSR*, a elle aussi partagé son chemin de retour à la santé, grâce à la méditation. Sa belle présence lumineuse est d’ailleurs son meilleur ambassadeur pour la pratique…

Ce second festival fut donc une réussite, tant de par la qualité des intervenants que par la générosité du programme. Et c’est sans compter sur les festivaliers qui, à l’image de l’événement, ont permis des temps de partages empreints de bienveillance et de joie, sans lesquels la santé ne pourrait se maintenir. Rendez-vous l’an prochain pour continuer à cheminer ensemble vers la régénération.

Aurélie Aimé est journaliste, spécialiste d’écologie, de spiritualités, du développement personnel… Elle est aussi une artiste pluridisciplinaire. « Faire soi-même » dans une démarche écologique et pratique, cultiver son jardin intérieur, pour donner le meilleur de soi au monde. C’est ce qu’elle souhaite partager.

www.aurelieaime.fr

Simon Dumas est naturopathe, praticien en techniques manuelles et énergétiques. Il voit son approche comme un dialogue avec le vivant, intégrant les dimensions physique, psychique et énergétique. Il donne des consultations à Lyon et Paris. 

www.simondumas.fr

*L’alimentation sensorielle

Pour un naturopathe, l’alimentation sensorielle de Dominique Guyaux représente le juste équilibre vers lequel nous devrions tous tendre. Il ne s’agit pas d’un mode figé qui « impose », mais d’une palette de possibilités alimentaires à utiliser intelligemment au gré de ses besoins et envies. Ces deux composantes sont essentielles. Il s’agit de nourrir son corps des éléments indispensables et d’y prendre un plaisir naturel. Ce cheminement nécessite une rééducation qui passe par les sens et une réappropriation des expériences physiques et psycho-émotionnelles au fil de l’évolution alimentaire. Dominique nous propose de monter en cinq paliers vers une alimentation crue.

– Au niveau zéro, on supprime le gluten et le lait. On se sent rapidement plus léger et le petit temps de recherche de compensations passe vite.

– Au premier niveau, on expérimente l’alimentation hypotoxique du docteur Seignalet. On supprime tout ce qui est ou doit être transformé pour être comestible et on se concentre sur des aliments naturels que l’on pourra cuire à 60° maximum.

– Au deuxième niveau, on intègre les jus et la cuisine crue pour faire le plein de minéraux, de vitamines et de soleil tout en régalant ses papilles. Puis viennent les étapes sensorielles. À ces paliers, on ne cuisine plus un repas mais on laisse ses sens (attrait pour les couleurs, odeurs, saveurs, textures, etc.) guider ses choix de denrées.

– Au troisième niveau, on expérimente le mode Collecteur : deux repas par jour composés d’aliments différents qui couvrent les apports journaliers.

– Le quatrième niveau propose un retour aux sources avec le mode Cueilleur. Toujours avec une approche sensorielle, on prend quatre à six repas par jour mais composés d’un seul aliment à la fois. L’objectif est de connaître expérimentalement ces différents modes alimentaires afin de savoir ce qui est bon pour soi, de pouvoir choisir l’approche qui nous convient et de pouvoir en changer en fonction de nos besoins, de notre santé, de nos envies ou de notre vie sociale.

*La spiruline

La spiruline est un être vivant extraordinaire! Sur Terre depuis plus de 3 milliards d’années, elle est à la jonction des règnes et une grande actrice dans la création des conditions nécessaires à la vie humaine. Il y a donc bien longtemps, la vie n’existait que dans les mers et sous une forme très simple: la bactérie. Dehors, pas d’atmosphère et pas de vie. Les bactéries qui colonisaient les océans ont évolué vers des êtres plus complexes : les cyanobactéries. Mi-végétale, mi-bactérienne, cette spiruline archaïque fut le premier être vivant à capter l’énergie du soleil grâce à la photosynthèse. Cette prouesse chimique dont seules les plantes sont capables transforme l’énergie lumineuse, le gaz carbonique et les sels minéraux en énergie biochimique et constituants de base du vivant : les protéines, lipides et glucides. Alors que la spiruline se multiplie, le déchet de cette fabrication va bientôt se répandre à la surface : c’est l’oxygène. À partir de là, une multitude de possibilités se présentent au vivant pour évoluer en présence d’oxygène à la surface de la Terre. Les règnes végétal, animal et les champignons vont chacun développer leur immense ingéniosité à partir de ces simples ingrédients et de l’énergie synthétisés par nos lointains ancêtres. La spiruline, à la base de la vie sur Terre, est l’un des aliments les plus riches en matière de nutrition, elle est également porteuse de l’information et l’énergie du début de la création. Elle est donc adaptée à tout âge, surtout fraîche, et comme toute plante ou être vivant, accompagnée dans sa croissance (cultivée) avec amour.

*L’hormèse

On parle souvent du stress comme de quelque chose de négatif. En réalité, le stress n’est pas problématique en soi. La forme et les aptitudes de notre corps physique sont d’ailleurs héritées des stress qui ont poussé Homo Sapiens à évoluer pour être plus adapté à son environnement. Un stress est un événement de la vie qui nous pousse à aller chercher dans nos ressources pour y faire face. S’il est trop fort ou répété, il peut amener à l’épuisement. Mais s’il est mesuré, alors il permet de libérer des potentiels insoupçonnés. C’est en y faisant face et en allant chercher dans nos ressources que nous nous améliorons. L’hormèse désigne la réponse adaptative de l’organisme face à ces stress. Pour profiter des bénéfices de cette loi, on a recours à différentes techniques dont on augmentera l’intensité par paliers raisonnés. L’exposition à des températures chaudes ou froides, la privation alimentaire ou les exercices physiques et respiratoires sont des outils qui permettent le développement ces capacités adaptatives de l’organisme.

*MBSR (Mindfulness Based Stress Reduction)

Meditatio (méditation) est un terme latin qui décrit une pratique présente dans de nombreuses traditions et qui fait référence à l’entraînement de l’esprit. Dans le yoga, cet esprit (nos pensées) est vu comme un singe dissipé qui court et saute partout, qui ne sait pas rester calme. Cette excitation perpétuelle crée des tensions internes qui influent négativement sur notre rapport à nous-même, aux autres, et nous empêchent même d’expérimenter la spiritualité : la magie de la vie. La pratique de la méditation permet de calmer le singe et d’atteindre ainsi des états de conscience différents, plus calmes et sereins. Parmi les approches que propose la yoga, la pleine conscience est une de celles qui ont été le plus étudiées scientifiquement et dont les effets ont été prouvés pour réduire le stress, les troubles du sommeil, les maladies auto-immunes, dégénératives et psychiques, entre autres. Créé en 1979 par Jon Kabat-Zinn au sein de la faculté de Médecine du Massachusetts, le programme Mindulness-Based Stress Reduction (réduction du stress basée sur la pleine conscience) se fonde sur ces pratiques millénaires et les affine grâce aux connaissances les plus récentes en matière de neuro-psycho-endocrino-immunologie (le nouveau terme pour parler du lien corps-esprit ;-).

*Le chaud et le froid

La loi de l’hormèse est utilisée de façon empirique pour renforcer le corps et l’esprit depuis très longtemps. De manière thérapeutique, Hippocrate reste comme toujours le père des soins de bon sens dans notre culture occidentale. Faire transpirer par un bon bain chaud, un sauna ou une fumigation permet de relancer la dynamique centrifuge de drainage des toxines. Plonger dans un lac gelé (lorsqu’on a la vitalité pour) booste l’immunité et active un décrassage profond de l’organisme. De manière localisée, le chaud détend les tissus et débloque les articulations, le froid purge les stases et favorise une inflammation efficace. De grands hygiénistes ont utilisé les qualités thermiques pour favoriser la santé. Parmi eux, citons particulièrement le Dr Salmanoff pour ses bains hyperthermiques, Louis Kuhne pour ses bains de siège froids et le Dr Gardelle pour son travail sur la thermothérapie différentielle. D’extraordinaires ressources de régénération à notre portée !