La cure d’argile : bienfaits et mode d’emploi

De tout temps, l’être humain, comme bien d’autres animaux, a consommé de l’argile par voie interne. Chez quasiment tous les peuples traditionnels, on retrouve un usage thérapeutique de l’argile. Les bienfaits de l’argile sont très nombreux, en interne comme en externe. Elle présente ainsi des propriétés cicatrisantes et régénérantes vraiment spectaculaires sur la peau. Nous nous concentrerons ici sur ses effets internes, tout aussi impressionnants, que ce soit sur les pathologies du système digestif ou comme antipoison. Alors, comment une simple roche peut-elle avoir des effets aussi significatifs ? Comment l’utiliser en pratique ?

Les mécanismes d’action de l’argile

Une fois ingérée, l’argile s’étale sur une grande surface de la muqueuse, les cristallites qu’elle contient se lient au mucus, amenant une amélioration fonctionnelle très rapide. Le mucus protecteur va être augmenté, épaissi et renforcé dans son action. L’argile reste dans le tube digestif et protège ainsi les cellules intestinales.
Elle a un pouvoir absorbant : elle peut absorber n’importe quelle substance toxique qui entrerait en contact avec elle. Cette capacité lui permet de se lier aux métaux lourds, de désodoriser et d’absorber la couleur d’une matière.
Elle a aussi un pouvoir adsorbant : l’argile a la propriété de capter, d’attirer et de fixer à sa surface des substances toxiques de son environnement.
Ainsi, en évacuant l’argile, on évacue les déchets et toxines qu’elle aura absorbés et adsorbés !

Les propriétés thérapeutiques de l’argile

L’argile, comme tout remède, a des bénéfices appréciables pour soulager les douleurs, mais elle ne doit pas s’employer pour masquer un symptôme sans chercher à agir sur la cause. Si l’état pathologique a pour cause des mauvais choix de vie et une mauvaise alimentation, il nous faudra agir avant tout sur ces causes.

Les bienfaits de l’argile sur le système digestif

L’argile a des propriétés nettoyantes puissantes et on pourra donc l’utiliser en cure pour détoxifier tout le système digestif. L’argile est antiseptique et régénérante. Elle va donc réguler les germes pathogènes du système digestif et participer à la reconstruction des cellules intestinales.

En cas d’irritation, d’ulcère, d’inflammation d’un organe du système digestif, l’argile sera particulièrement indiquée pour apaiser l’inflammation et permettre une bonne reconstruction cellulaire.

Elle aura une action favorable à la détoxification et à la réparation en cas de diarrhées et de constipation. Plusieurs études, dont une méta-analyse de 2005 portant sur six essais, montrent une réduction de plus de 20 heures de la diarrhée aiguë infectieuse. L’argile ne va pas bloquer la diarrhée comme un anti-diarrhéique, mais va absorber les toxines et déchets pour les évacuer.
Elle sera indiquée en cas d’ulcérations digestives et saignements (Crohn, RCH…). Étant hémostatique, l’argile active les facteurs 8 et 12 de coagulation.

Certaines parasitoses digestives (ankylostomes, bilharzies, oxyures et cryptosporidies) pourront être traitées avec une cure d’argile. Au bout de quelques jours on pourra observer une élimination des vers intestinaux.

Elle régule les sucs digestifs, les excès de pepsine et de trypsine, et l’acidité gastrique.

Selon une étude publiée en 2010, l’argile a une action efficace contre les germes potentiellement pathogènes Helicobacter pylori, Staphylococcus aureus, Pseudomonas aeruginosa, Salmonella typhimurium.

L’argile a la propriété d’absorber l’hydrogène de fermentation (gaz) lors de flatulences et ballonnements intestinaux.

L’argile, un antipoison !

L’argile est un antipoison, et on pourra donc en consommer après un repas suspect (qualité, fraîcheur des aliments, présence de métaux lourds ou dîner avec un ennemi…). Les rois de France en prenaient pour se prémunir de l’empoisonnement et de l’intoxication. De nombreuses expériences ont été faites avec des résultats remarquables.

L’argile s’est montrée efficace pour se détoxifier de certains pesticides et aussi de la strychnine, le poison de la « mort aux rats ». Efficace également sur une durée de 10 heures après l’ingestion comme antipoison dans les cas de contamination à un puissant herbicide : le paraquat. Elle est également efficace pour adsorber les aflatoxines cancérigènes produites par une mycobactérie parasitant fréquemment les arachides. On peut aussi noter que les argiles absorbent les toxines bactériennes comme les toxines du choléra mais également de nombreux virus.

L’argile sera donc l’amie du voyageur pour purifier l’eau de boisson et se protéger contre des germes pathogènes.

Comment utiliser l’argile en pratique ?

Les types d’argile

Il existe plusieurs types d’argiles : smectite (montmorillonite), illite, kaolinite, de couleurs différentes en fonction de leur composition : verte, blanche, rouge, jaune.
On utilisera plutôt une argile verte, plus active, car généralement les argiles blanches que l’on trouve sont moins fortes. Idéalement, nous devrions toutes les tester pour voir laquelle est la mieux adaptée aux besoins de notre corps.
Il est important que l’argile soit séchée naturellement au soleil et surtout pas cuite comme certaines à 350 °C ! La cuisson enlève toutes les propriétés thérapeutiques de l’argile. La mention « ultra-ventilée » ou « surfine » permet d’avoir une argile débarrassée du sable, mais ce n’est pas une obligation.

La cure d’argile

On veillera à ne pas utiliser de contenant et d’ustensile en métal pour ne pas dépolariser l’ionisation de l’argile. Le bois et le verre sont mieux adaptés.

Pour les organismes très intoxiqués, la première semaine, on pourra laisser tremper l’argile 8 à 12 heures. Les semaines suivantes, trente minutes à 2 heures suffiront. Au moment de la prendre, on mélange et on boit le tout.

Pour commencer, on pourra faire une cure en interne de 3 semaines.
Les quantités varient en fonction des individus (âge, poids…) et des situations. Elles vont généralement d’1 c. à c., une fois par jour, à 3 c. à s., trois fois par jour. Pour une première prise, réduire la quantité et l’adapter à son ressenti.

Cure d’argile en interne pendant 3 semaines :

• Semaine #1 : 1 c. à c. par jour le soir avant de se coucher.
• Semaine #2 : 2 c. à c. 2 fois par jour. Le soir et à distance des repas.
• Semaine #3 : 3 c. à c. 3 fois par jour. Le soir, le matin et à distance des repas.

En pratique, l’idéal serait de faire une cure au ressenti. C’est-à-dire en étant à l’écoute de ses propres besoins. Si vous arrivez à ressentir les signaux de votre corps, vous serez naturellement attirés par l’argile pendant un certain temps, le temps du nettoyage, le temps que l’argile fasse son travail.

Pour une prise ponctuelle, en cas d’intoxication par exemple : mettre 1 à 3 c. à s. d’argile dans un verre d’eau, laisser reposer 5 minutes, remuer et tout boire.
Pour une protection contre les germes pathogènes : 1 à 3 c. à s., 2 à 3 fois par jour.

L’argile se prend à distance (4h) des médicaments et pilules contraceptives pour ne pas annuler leurs effets.

Si la prise d’argile entraîne une constipation, c’est que l’argile s’est arrêtée sur une zone du système digestif pour la nettoyer. Dans ce cas, on suspendra momentanément la cure jusqu’à la reprise des selles.

Contre-indications

La seule contre-indication de l’usage interne de l’argile est d’avoir des antécédents d’occlusion intestinale ou de constipation chronique sévère. Même les enfants et les femmes enceintes peuvent en prendre, mais on veillera à bien prendre l’argile à distance des repas pour ne pas empêcher l’absorption du fer notamment, élément indispensable pendant la grossesse et la croissance.
Ces conseils ne se substituent pas à la consultation d’un médecin.
Pour un accompagnement complémentaire spécifique et adapté, il est vivement recommandé de consulter un naturopathe.

Ben Hicaubert
Naturopathe Hygiéniste Iridologue
www.benhicaubert.com
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2020-07-30T17:10:38+02:00juillet 10th, 2020|0 commentaire

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