LE JEÛNE : SE PRÉPARER EFFICACEMENT ET CONTRE-INDICATIONS

Dans cet article précédent (cf : Le jeûne, comment fonctionne-t-il d’après le principe d »autolyse), vous avez pu découvrir les mécanismes biologiques qui le régissaient en tant que principe physiologique codé dans notre a.d.n. Nous allons maintenant entrer plus en détail pour découvrir cette technique ancestrale utilisée depuis toujours, par tous les peuples, toutes les civilisations, partout dans le monde.

Le jeûne, si on devait le définir au sein des pratiques de santé, pourrait se reconnaitre comme étant LA TECHNIQUE ULTIME en terme de régénération, car rien ne lui résiste, si il est bien mené. C’est fondamental, un jeûne ne s’improvise pas, jamais, et doit toujours être réalisé, non pas en fonction de nos objectifs, mais surtout en rapport avec les capacités de notre corps à l’instant T de sa mise en route. 

Nous sommes tous différents, nous avons tous une histoire différente, un rapport au corps différent, un passif hygiénique différent, et tout cela fait que notre approche au jeûne doit être individualisée. Les grands principes s’appliquent, évidemment, mais nous devons garder à l’esprit que notre intuition, notre petite voix intérieure, doit être entendue et que si notre mental, notre volonté, se donne tel ou tel objectif mais que notre coeur, notre corps, notre intuition, nous dit stop, nous dit « c’est bon coco, c’est déjà très bien ce que l’on a fait, on peut arrêter, on refera un jeûne plus tard, peut-être plus longtemps », et bien il faut accepter, l’écouter et se raisonner, c’est très important car il vaut mieux commencer petit, ne pas aller au bout de nos objectifs, mais avancer en conscience, se protéger, et ne pas risquer de se faire du mal. C’est souvent le problème chez le jeûneur débutant qui met la barre trop haute. J’en parle vraiment par mon expérience et je suis content de pouvoir vous donner ce conseil aujourd’hui : Prenez votre temps, ne soyez pas trop exigeant avec vous, ne cherchez pas la performance, mais juste le mieux-être, la découverte de votre corps, de vos possibilités. Rien n’est figé, et déjà tout ce que vous faites, c’est formidable, et si vous me lisez maintenant, c’est sans doute que votre chemin a été laborieux, on s’intéresse rarement au jeûne sans avoir vécu la souffrance physique ou émotionnelle dans notre corps. Alors je vous dis bravo, je vous encourage à continuer, dans le respect de votre corps, et à vous écouter, sur ce merveilleux chemin que vous empruntez !

Bienvenue, à la découverte du jeûne, mère des pratiques hygiéniques et naturelles de santé, pilier fondamental de la régénération.

Le coeur du jeûne : sa préparation 

Il est essentiel, dans sa mise en pratique, de l’enclencher correctement pour ne pas risquer d’abimer le corps, nos organes, pour que la transition se fasse en douceur, en respect avec nos capacités propres, avec nos possibilités.

Vous savez, à la découverte du jeûne, surtout quand on débute dans cette pratique, on est comme des aventuriers, on se dit qu’on peut le faire, comme ça, sans forcément y mettre les formes, sans forcément, en amont, vouloir se préparer à ce changement radical dans la manière que notre corps a de fonctionner, d’arrêter de se nourrir de l’extérieur, mais maintenant de l’intérieur, car le jeûne c’est ça, le corps continue toujours à fonctionner et pour cela il cherche du carburant, et ce carburant il va le puiser au sein de nos propres réserves et dans le même temps, par l’énergie dégagée par l’arrêt de l’alimentation, du fonctionnement de cette digestion, il va commencer à déstocker nos déchets accumulés et c’est là sa force, c’est sa capacité à nettoyer le corps de ses poubelles pour reprendre l’expression du médecin et naturopathe Jade Allègre.

Quelques semaines avant le jeûne 

Avant d’enclencher la phase de préparation au jeûne, il convient d’abord d’avoir des notions de base en hygiénisme afin de faciliter la préparation, car si nous avons une hygiène de vie plutôt moderne, assez délétère en somme, les manques que les privations entraîneront, les frustrations, seront un vrai barrage à la réussite du jeûne.

Il faudrait donc dans le meilleur des cas, avant d’enclencher la phase de jeûne, avoir depuis un mois au moins, stopper pour certains et réduire pour les autres, les éléments qui vont suivre :

– Stoppez les toxiques : véritables poisons, qui empoisonnent nos tissus, nos organes, nos liquides et nos pensées. Ce sont les cigarettes, les alcools, les drogues…

– Stoppez les aliments raffinés : Ce sont les sucres blancs, les farines blanches, les huiles non pressées à froid, les margarines and co. Si vous voulez découvrir les effets du sucre blanc (que l’on retrouve partout dans les produits de l’industrie agro-alimentaire), je vous invite à lire cet article. Préférez les aliments (pains, pâtes, riz etc…) complets.

– Stoppez les viandes rouges :  Elles sont riches en toxines et ne sont jamais vraiment bien digérées par notre système digestif. Préférez les viandes blanches, les poissons gras ou les oeufs.

– Réduire les laitages animaux et leurs dérivés : Le lait animal est un vrai poison pour l’organisme qui ne l’assimile pas correctement, qui crée énormément d’inflammation et qui est prévu uniquement pour le bébé de l’animal pour sa croissance, comme le lait maternel pour le nourrisson. Il fait vraiment parti des poisons à l’origine des maladies dites de civilisation. Alors, je ne vous demande pas de stopper du jour au lendemain, mais déjà dans un premier temps, arrêtez les laits de vaches pour favoriser ceux d’animaux plus petits : brebis et chèvres pour ensuite passer au lait végétal (sauf celui de soja qui dégage beaucoup trop de métabolites lors de sa digestion).

– Réduire la consommation des céréales : De même ici, je ne vous demande pas de tout stopper, mais de moins en manger, car eux aussi ils sont responsables en grande partie de nos maladies modernes. Alors déjà, comme dit plus haut, manger les céréales complètes, c’est la base, ensuite pourquoi en manger moins ? Car ce sont des sucres complexes plus longs à digérer et créateur de ce que nous appelons en naturopathie « les colles » qui sont des substances glaireuses, mucosiques, que l’on stocke un peu partout, dans nos liquides, nos tissus et que nous recrachons sous forme de glaires, d’écoulement nasal quand nous sommes malades, lors d’un épisode allergique, ou dans les selles et par les voies urinaires. Ce phénomène contribue en grande parti à la fatigue des organes digestifs et à leur congestion.

– Stoppez les produits agressifs pour la peau : La peau est un organe complexe qui fait le lien entre notre monde extérieur et intérieur et elle est le plus grand organe d’élimination de notre corps, la transpiration est loin d’être une erreur biologique et elle intervient dans un grand nombre de processus physiologiques. Ces produits, ce sont l’ensemble des cosmétiques, savons, shampoings, déodorants, parfums, qui contiennent tous des polluants chimiques qui vont venir irriter et passer au travers de la peau. Alors là je vous invite à les faire vous même (y’a des super tutos sur internet) ou à découvrir la gamme des produits estampillés biologiques ou 100% naturel.

Il faudra aussi favoriser certaines pratiques hygiéniques de base, qui vont dans le sens de notre physiologie et qui accompagnent le corps de manière positive.

– Mangez le plus biologique possible : Cela pour la simple et bonne raison que les résidus de pesticides sont de véritables poisons pour l’organisme qui va devoir travailler beaucoup plus à leur élimination ou à défaut à leur stockage. Ils sont très inflammatoires, irritants, toxiques pour l’organisme, perturbent la flore digestive, participent au phénomène de porosité intestinale et j’en passe. Si le sujet des pesticides vous intéresse, cet article explique les dangers qu’ils représentent.

– Mangez le plus de fruits et de légumes possible : C’est la base si on veut être en bonne santé et en pleine forme, afin de nourrir le corps de toutes les vitamines, enzymes (etc..) et énergie, dont ils disposent.

– Respectez les bonnes associations alimentaires, au moins pour les fruits et le miel : Vous avez toutes les informations dans cet article.

– Favoriser la transpiration : Elle est un soutien à l’ensemble de l’organisme et favorise le repos de l’ensemble des organes d’élimination (foie, reins, poumons). Cet article sur la transpiration vous en dit plus. 

– Pratiquez une activité régulière : Pareillement ici, le but est d’améliorer l’élimination et toutes les grandes fonctions du corps qui vont mieux marcher durant une activité sollicitant le système neuro-glandulaire.

Découvrez le brossage à sec de la peau : Article ici.

– Abusez des jus de légumes : Ils sont une véritable panacée et permettent de nourrir le corps, sans engager et fatiguer le système digestif. Ils améliorent la digestion, ils permettent d’assimiler les éléments nutritionnels contenus dans les légumes. Ils parviennent plus facilement aux cellules et sont goûtés dès la bouche par les papilles gustatives.

– Pratiquez les monodiètes sur un jour ou plus : C’est un très bon exercice pour préparer le jeûne et cela nous permet de découvrir nos forces et faiblesses organiques. On peut déjà voir comment le corps réagit, comment il fonctionne en mangeant moins et plus on est indisposé par cette pratique, plus cela veut dire que nous sommes intoxiqués. Si la monodiète est difficile à mettre en place, le jeûne le sera peut-être encore plus. Vous avez toutes les informations sur cette pratique très intéressante, qui fait partie des piliers de la diététique, dans cet article.

La préparation au jeûne : La descente alimentaire

Pour un premier jeûne, il faudra commencer léger par une journée, voir comment le corps réagira, la semaine d’après vous pourrez passer à deux jours, ensuite trois si tout va bien et ainsi de suite. Le but étant d’accompagner le corps de manière positive afin de ne pas trop le brusquer. Si ça fait des années que vous avez une hygiène pas terrible, que vous avez une maladie chronique ou dégénérative, il faudra y aller en douceur afin de voir comment votre corps éliminera et comment vos organes d’élimination fonctionnent.

Mais avant de débuter la mise en route du jeûne, il est primordial de préparer son corps, comme un athlète préparerait sa compétition, cela ne se fait pas du jour au lendemain.

Pour cela, une seule chose à faire, il faut commencer à réduire sa consommation d’aliments et dans un ordre bien précis afin de ne pas provoquer de crises curatives, mais avant cela pour éviter un manque trop présent. On va donc chercher à éliminer les aliments des plus longs aux plus court à digérer. Normalement, on procède en fonction de la durée du jeûne, plus longtemps on jeûne et plus longtemps la transition se fera, néanmoins, quand nous sommes débutants, le procédé suivant est celui à respecter. Après plus vous connaitrez votre corps, plus la transition post-jeûne sera facile à mettre en place.

J-6 avant le jeûne : Ne plus manger de viandes animales (les poissons, les oeufs, les viandes et les fruits de mer, charcuteries…), les sous-produits animaux (lait, beurre, fromages…), les alcools, tabacs, médicaments, thés, chocolat, café et les plats préparés.

J-3 avant le jeûne : Ne plus consommer les céréales et leurs dérivés (pains, pâtes, pâtisseries…), les légumineuses (lentilles, pois, fèves, haricots…), les sucres, les sels et les huiles végétales. En bref, vous ne mangerez plus que des légumes et des fruits, cuits, à la vapeur ou crus.

J-1 avant le jeûne : On ne consomme plus d’aliments solides, mais les légumes uniquement sous forme de jus de légumes, de l’eau, des tisanes.

Vider ses intestins 

Il est souvent recommandé de débuter le jeûne, les intestins vides, c’est à dire exempts de toutes matières. Mais cela reste à votre seule appréciation et il existe différente écoles sur le sujet. Certains commencent le jeûne en ayant pratiquer uniquement la descente alimentaire alors que d’autres vont utiliser des techniques pour vider les intestins.

Donc à J-1, le soir, à 20h par exemple, on procède soit à un lavement du côlon à l’aide d’un boc à lavement, de 2 à 3 litres, d’une eau à température du corps ou bien d’une purge saline ou même les deux. Certains ressentent une efficacité à se vider avant le jeûne alors qu

e d’autres non. La purge demande de l’énergie et si on en a déjà peu, elle sera plutôt un frein à l’entrée au jeûne.

Les conditions du jeûne 

Tout le monde ne peut pas jeûner, et dans certains cas, il faut rester vigilant et se faire accompagner par un naturopathe qui le pratique et maîtrise. Le jeûne nécessite de l’énergie et un minimum de réactivité de la part de nos organes émonctoires (reins, poumons, foie et peau). Si vous êtes encrassés et que vos organes ne peuvent gérer la mise en mouvement des déchetsqu’enclenche le jeûne, vous allez avoir un problème, le jeûne ne marchera pas mais en plus de ça vous allez vous auto-intoxiquer, cela pouvant conduire à un état de santé encore plus mauvais qu’avant le jeûne. Il est donc primordial de bien le préparer en amont.

Pour les conditions, je vais vous donner, littéralement en copier-coller, les préconisations de Sarah, naturopathe et fondatrice du site http://www.pimpmegreen.com

=> Son article sur le jeûne : http://www.pimpmegreen.com/2017/02/01/le-jeune-kesako/

« Avant d’entreprendre un jeûne, il faut donc s’assurer :

  1. Avoir une énergie vitale suffisante ;

  2. Disposer d’une capacité émonctorielle suffisante pour éliminer la masse de déchets remis en circulation (les « émonctoires » sont les organes dits excréteurs qui permettent les éliminations des différents types de déchets de l’organisme) ;

  3. Faire une préparation au jeûne (plusieurs jours avant pour permettre la transition de l’organisme) ;

  4. Avant le jeûne, débarrasser le système digestif de toutes substances nutritives et de déchets métaboliques (monodiète, purge hépatique, biliaire et intestinale avec des plantes ou sels, et compléter avec un lavement rectal afin de commencer le jeûne l’intestin vide. Le contraire pourrait contrecarrer la bonne marche du jeûne, notamment au niveau de la sensation de faim, et de la réabsorption de toxines) ;

  5. Effectuer le jeûne dans un milieu vital où quiétude psychologique et repos physique sont les maitres mots ;

  6. Pendant le jeûne, surveiller les éliminations pour qu’elles soient existantes mais pas trop brutales non plus ;

  7. Après le jeûne, procéder à une reprise alimentaire douce et progressive avant de reprendre une alimentation normale. En effet, le corps ayant été privé de nourriture durant une certaine période, il aura tendance à tout retenir. Eviter donc toute forme de sel pendant plusieurs jours pour éviter la rétention d’eau (où vous gonflerez comme jamais et ce n’est franchement pas agréable, expérience faite ! Au moins, je sais que je ne réitèrerai pas cette erreur). »

À propos des contres-indications, Sarah nous dit plus loin :

« CONTRE-INDICATIONS DU JEÛNE (non exhaustif)

  • Cachexie (amaigrissement extrême)

  • Anorexie

  • Hyperthyroïdie décompensée

  • Artériosclérose cérébrale avancée

  • Insuffisance hépatique ou rénale avancée

  • Grossesse (dès le 3e mois) et allaitement

  • Dépendances (alcool, TCA, drogues)

  • Ulcère de l’estomac, du duodénum

  • Affections coronaires avancées

  • Décollement de rétine

  • Psychose sous médication importante

  • Burn out (car il n’y a plus aucune énergie)

  • Diabète de type I

  • Maladies tumorales

  • Cancer (ce sujet est assez délicat et est assez controversé…) »


Merci à Sarah et Adrien pour votre précieuse collaboration <3

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Un commentaire

  1. Bonjour,
    Voumez-vous préciser pour le miel et les fruits. Je n’ai pas saisi ce que vous souhaitez dire en matière d’associations à ce propos.

    Étonnée de voir le cancer dans les CI.

    Gratitude pour tous les articles

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