Fat, Sick & Nearly Dead, dix ans après

Vous avez probablement déjà entendu parler de Joe Cross. Son film Fat, Sick & Nearly Dead a été vu plus de 30 millions de fois depuis sa sortie en 2010. Ce documentaire suivait Joe, un trader australien en surpoids et souffrant d’urticaire chronique, dans son périple à travers les États-Unis. Pendant deux mois, il ne se nourrissait que de jus végétaux et rencontrait des Américains moyens avec lesquels il s’entretenait de leur rapport à la nourriture. Au terme du voyage, Joe Cross avait perdu 37 kilos, sa maladie auto-immune avait disparu, et il avait contribué à initier une prise de conscience globale qui depuis ne fait que s’amplifier. Retour sur un film-jalon.

Le film

En 2005, le lendemain de ses 40 ans, Joe Cross se regarde dans la glace et réalise qu’il ne peut pas continuer ainsi : il pèse  140 kilos, ingurgite chaque jour depuis des années une poignée de médicaments stéroïdiens dont les effets secondaires ne font qu’aggraver son état général, fume, boit et se nourrit presque exclusivement d’aliments transformés. Son médecin l’a prévenu : son état de santé est alarmant, son espérance de vie en chute libre. Ayant consulté sans succès de nombreux spécialistes et finalement convaincu que ses habitudes alimentaires sont la cause de sa maladie, il décide de ne consommer que des jus de fruits pendant deux mois, afin de « rebooter » (redémarrer) son système.

Joe Cross est avant tout un entrepreneur. Il décide de produire un film autour du sa cure de jus. Visant une distribution sur le marché américain, il réalise que le film devra se dérouler aux États-Unis. Cross s’envole donc pour New York, accompagné par un cameraman et un preneur de son qui le suivront à bord d’un van équipé d’une presse à jus.

Sur un parking en Arizona, Joe rencontre Phil Staples, un routier obèse, dépressif, solitaire, souffrant de la même maladie que lui, et lui propose son aide. Contre toute attente, Phil finit par accepter et se lance dans une cure de jus de trois mois. La seconde partie du film suit son incroyable transformation et se termine avec un Phil méconnaissable, revenu à la vie, faisant du jogging et animant des ateliers de juicing.

« Joe the Juicer »

Suite au succès du film, Cross a abandonné son métier de trader et est devenu « Joe the Juicer », une célébrité qui voyage  dans le monde entier pour donner des conférences et animer des ateliers, afin d’encourager le plus grand nombre à abandonner la nourriture industrielle pour se tourner vers une alimentation basée sur les plantes.

Sa société, Reboot with Joe, a pour but de fournir informations et soutien aux personnes désireuses de suivre une cure de jus plus ou moins prolongée, ou plus généralement d’améliorer leurs habitudes alimentaires. Son site propose des recettes de jus (dont celle du fameux « Mean Green » rendu célèbre par le film) mais aussi smoothies, salades ou soupes, desserts  ou snacks. On y trouve aussi un forum, des plans détaillés pour cures de trois, cinq ou dix jours, des conseils de nutritionnistes, des tutoriels, des « success stories » et des certifications pour formateurs. Une presse à froid « agréée par Joe the Juicer » est proposée à la vente dans la partie shop.

Après un premier livre sous le même titre que le film, Joe Cross a publié sept autres ouvrages, tous consacrés aux bienfaits des jus et plus généralement d’une nourriture équilibrée et d’un style de vie sain.

Un bilan réjouissant… mais pas suffisant

Dans la suite, Fat, Sick & Nearly Dead 2, sortie en 2014, Joe Cross revient sur les lieux visités lors du premier film et retrouve les personnes qu’il y avait rencontrées. Il constate partout une prise de conscience réjouissante : changements d’attitude, jardins potagers communs, juice bars qui ne désemplissent pas (et ont généré un revenu de plus de deux milliards de dollars cette année-là), buffets de salades dans les restaurants et expansion des sections fruits et légumes dans les supermarchés. Une exception, mais massive : Phil Staples, divorcé, a repris ses pires habitudes et est revenu à son poids initial. Son cas illustre l’importance de s’entourer d’un groupe de soutien et les conséquences de l’isolement social, selon Joe.

Dernier documentaire en date, The Kids’ Menu (2016) s’attaque au problème, gravissime aux États-Unis, de l’obésité et des ravages de la malbouffe chez les enfants. Cantines aux menus déplorables, ignorance et déconnexion totale du monde naturel (« je ne vais quand même pas manger quelque chose qui traînait par terre ! » s’exclame horrifié un enfant devant un radis), habitudes catastrophiques encouragées par un marketing omniprésent et criminel, parents aux abonnés absents qui doivent souvent être éduqués par leurs enfants… le film présente des programmes en cours dans certaines écoles et propose des solutions pour éduquer les enfants et les habituer à consommer davantage de fruits et légumes.

Tous les films sont disponibles en streaming gratuit sur le site de Reboot With Joe : www.rebootwithjoe.com.

Lars Kophal

Ancien journaliste, Lars a choisi de tout plaquer en 2016 et de partir tenter l’aventure aux Philippines.
www.larskophal.ch
Insta : @thefoodjeepney

2020-09-18T15:06:34+02:00septembre 16th, 2020|0 commentaire

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