Imaginez entrer dans un café rempli de monde, où seul le bruit des cuillères dans les tasses et des pages qui se tournent résonne. Sur chaque table se trouve un calepin et un stylo. Le serveur arrive, vous sourit et vous salue sans prononcer aucune parole.

Vous êtes arrivé dans un « Silent Cafe » au Japon.

Ces bars sont à première vue classiques, et pourtant totalement uniques. On n’y parle pas et on ne communique que par écrit. Dans les plus modernes, ce sera via une tablette mise à disposition afin de passer commande ou de demander où sont les toilettes.

Un nombre croissant de «  cafés silencieux » s’ouvre à Tokyo. Ils attirent majoritairement des flots continus de solitaires citadins désireux de sortir de l’effervescence urbaine le temps d’un thé. Mais vous pourrez aussi y voir des duos souhaitant communiquer d’une autre façon, ou simplement prendre le temps de lire un livre côte à côte.

Ce concept émerge d’un désir croissant des jeunes Japonais de se reconnecter avec eux-mêmes. Ce besoin découlant pour certains du climat ambiant généré par les incertitudes économiques et du changement des structures sociales. Ces lieux leur offrent une parenthèse apaisée hors de l’agitation  du monde et propice à l’introspection et au retour à soi.

Si vous cherchez cela en Europe, vous risquez fort de tomber sur des bars et cafés où les serveurs et barmen sont sourds et muets. Ou encore des bars à méditation.

Le besoin de silence a poussé des inventeurs à commercialiser des tentes isolantes phoniques à installer autour de votre siège de bureau. Mais aussi des casques coupant totalement les bruits extérieurs qui sont, eux, déjà très utilisés sur notre continent.

Vous vous dites peut-être que ces personnes pourraient aussi bien rester chez elles dans le calme. Mais ne vous est-il jamais arrivé d’avoir envie d’être seul sans pour autant vous couper du monde ? Une « solitude partagée » choisie, à vivre de façon éphémère, pour explorer son intériorité et ajuster son rapport aux autres…