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Biodiversité en danger

Environ 10 000 espèces d’animaux, du petit insecte au gros prédateur, disparaîtraient chaque année. L’érosion va s’accélérant. Il est temps d’en prendre conscience pour qu’une marmotte ou une libellule ne soient, elles aussi, reléguées au rayon « Disparues » des vitrines de musées.

Une histoire de marmottes 

Une information pour le moins choquante a enflammé les réseaux sociaux en octobre dernier : une piste skiable allait être construite dans la station Albiez-Montrond en Savoie, là même où, sous terre, des dizaines de marmottes alpines ont construit leur terrier pour s’abriter le temps des six mois que dure leur hibernation. « Des marmottes enterrées vivantes » ont titré plusieurs médias, car, effectivement, les associations amies des animaux ont démontré que les petits rongeurs, dont les facultés corporelles s’étaient mises au repos, seraient bien incapables de se sauver au premier coup de marteau-piqueur. Et donc, qu’à leur réveil, leur terrier serait devenu tombeau… Choquant ? Très ! Car le procédé est effectivement violent ! D’autant que ces mammifères sont classés dans la catégorie « Espèces de faune protégée ». L’histoire, pour cruelle qu’elle soit, a eu au moins le mérite de mettre un coup de projecteur sur l’érosion galopante de la biodiversité, menacée quotidiennement par la folie de l’Homme.

Adieu dodos, adieu dauphins

Il est loin le temps du drôle de dodo, qui ne connaissait aucun prédateur dans la nature… si ce n’est le chasseur, et ainsi disparut au XVIe siècle de l’Île Maurice où il vivait. L’oiseau est devenu le symbole de l’extinction provoquée par l’Homme. Sa disparition a été suivie, au cours des siècles suivants, par celle de centaines d’autres animaux : la green turtle, le loup d’Ethiopie, la grenouille de Darwin, le gorille des montagnes, le requin baleine, le lion de l’Atlas, le grizzly de Californie, dont on situe l’abattage du dernier spécimen en 1922, ou encore le dauphin de la rivière de Chine, mammifère d’eau douce, déclaré éteint en 2006… L’UICN, Union internationale pour la conservation de la nature, reconnue comme l’autorité mondiale en matière d’espèces menacées, estime qu’aujourd’hui le taux d’extinction des espèces est 100 à 1 000 fois plus élevé qu’au cours des temps géologiques passés.  Le Fonds mondial pour la nature considère quant à lui que, chaque année, environ 10  000 espèces disparaitraient à jamais ! Toutes éteintes par la destruction et la dégradation des milieux naturels, la surexploitation, l’introduction d’espèces envahissantes, la pollution et le changement climatique.

La France dans le top 10

La liste rouge version 2020 de l’UICN fait froid dans le dos : sur 120 372 espèces étudiées au niveau mondial, 32 441 sont classées menacées, dont 41 % d’amphibiens, 14 % d’oiseaux, 26 % de mammifères, 30 % de requins et raies. La France  – triste palmarès – se classe dans le top 10 des pays hébergeant le plus grand nombre d’espèces menacées. Une étude de 2017 pointe, comme partout, l’aggravation de la situation : une espèce de mammifères sur trois serait aujourd’hui en danger ou en passe de l’être. Parmi elles, le vison d’Europe passé de « en danger » à « en danger critique » en à peine huit ans ou encore le putois d’Europe de plus en plus touché par la dégradation des berges des cours d’eau, la destruction des bocages, l’intensification des pratiques agricoles. Citons également nombre d’insectes victimes des pesticides, ou les chauves-souris qui trouvent de moins en moins d’habitats appropriés, ou encore les oiseaux migrateurs nombreux à mourir chaque année pour cause de collision avec des éoliennes.

Dans ce tableau hyper noir, quelques espoirs demeurent néanmoins : la loutre d’Europe, par exemple, qui aujourd’hui a recolonisé plusieurs territoires ; le bouquetin des Alpes, à qui on a failli dire adieu, repeuple quelques espaces de l’arc alpin français ; le lynx boréal, que la déforestation a failli achever au XIXe siècle, se multiplie progressivement dans les Alpes et le Jura grâce à la réintroduction de spécimens suisses. Dans les Vosges, sa réintroduction débutée dans les années 80 semble plus compliquée en raison, notamment, du braconnage. Voilà de quoi néanmoins convaincre que tous les efforts de conservation peuvent, parfois, porter leurs fruits.

Bienvenue aux diables de Tasmanie, bienvenue aux calmars à grands bras

D’autant qu’au niveau mondial, quelques jolis signes émergent de-ci de-là : un caméléon vu pour la dernière fois en 1913 réapparu récemment au nord-ouest de Madagascar ; en Australie, 26 diables de Tasmanie, marsupiaux carnivores, réintroduits avec succès 3 000 ans après avoir disparu du continent (ils ne survivaient que sur l’île de Tasmanie) ; en Australie toujours, après une levée de fonds nécessaires, des drones planteront par projection 40 000 graines par jour afin de compenser les 11 000 hectares d’arbres partis en fumée après les incendies de 2019-2020 et qui abritaient de nombreux animaux, dont une population importante de koalas ; dans les profondeurs des eaux australiennes, encore, des calmars à longs bras, une espèce très rare, viennent d’être joyeusement filmés pour la première fois ; au nord de la Russie, un groupe de 3 000 morses a été repéré, soit le plus grand rassemblement jamais observé pour cette espèce quasi-menacée, longtemps chassée pour sa graisse et son ivoire et aujourd’hui victime de la fonte des glaces et de l’exploitation arctique…

Par définition, une espèce disparue ne réapparaît jamais. De plus, sa seule extinction entraîne celles d’autres espèces dépendant d’elle. Ces exemples de tentatives de préservation, loin de faire florès,  donnent pourtant un peu, un tout petit peu, de baume au cœur à ceux convaincus que le vivant n’a pas dit son dernier mot. À nous de l’honorer, de le défendre et de le préserver. Il y a urgence.

Blandine Bertrand est journaliste depuis trente ans et coach en développement personnel.

2021-02-21T22:02:58+01:00février 21st, 2021|0 commentaire

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