RE…. Produire nos semences

A quoi me sert de savoir que Citrouille et Pastèque sont cousines éloignées dans la même famille des Cucurbitacées ?!

Saviez vous qu’en région tropicale, l’Aubergine est une plante vivace ? Inutile de la semer ni de la repiquer chaque année !
Cependant, en Europe, pour obtenir des plants chaque été, il faut repartir de zéro, du stade de la graine et du semis. Et pour avoir ces graines cela demande un savoir faire précieux ! Vous pouvez bien sûr en acheter mais qui vous dit que la variété que vous trouverez en magasin sera adaptée à votre jardin, au climat de l’année… Les graines commercialisées par les grands semenciers sont manipulées, standardisées, hybridées et stériles même en BIO !!! Attention à la qualité des graines que vous achetez ! Alors que vous souhaitez bien faire en faisant vous même votre potager, vous allez peut être acheter des petits plants à la serre voisine. Et bien souvent les graines sont traitées, enrobées d’un agent qui les rend bleu-vert métallique. Ces traitements sont « systémiques » ce qui signifie qu’on retrouve les substances dans toutes les parties de la plante. Or, à la Floraison, les abeilles viendront polliniser vos plants et vous les empoisonnerez sans même le savoir…

Produire ses propres semences, en quoi est-ce si important ?

  • Produire ses propres semences procure plus d’autonomie.
  • Cela contribue à la conservation d’un patrimoine commun acquis au fil d’innombrables générations, et qui est en train de disparaître.
  • C’est aussi un acte de désobéissance civile face à des lois de plus en plus restrictives, qui permettent aux grands semenciers d’avoir la mainmise totale sur cette ressource essentielle de la vie. Le monopole de l’agro-industrie sur un marché standardisé et mondialisé a provoqué la destruction de systèmes agraires millénaires et de communautés paysannes qui avaient permis à des générations de se nourrir.
  • C’est un acte majeur dans notre époque de crises et de guerres, c’est un acte de générosité (les semences se partagent, se donnent) et de pérennité pour les générations futures…

Le constat est grave : les citadins ne savent pas cultiver une plante, les paysans dépendent presque exclusivement de quelques grosses multinationales pour s’approvisionner en semences. Au Moyen Orient, en Grèce, et ailleurs, les populations affaiblies par les conflits recherchent des semences. En Syrie et en Irak, berceau des céréales, en Afghanistan, où de nombreux légumes trouvent leur origine, les banques de semences ancestrales ont été détruites par les occidentaux.
« Pour toutes ces raisons, il nous faut conserver toute la diversité possible des variétés anciennes, et leur accès libre et gratuit, car elles sont les semences du futur. La seule garantie de leur survie est d’être cultivées dans nos jardins, pas d’être conservées dans des frigos ou des banques de gènes. »

Alors comment apprendre à produire ses propres graines ?

C’est la transmission de ce savoir primordial qu’ont voulut nous offrir deux jardinières expérimentées, Martina Widmer et Sylvie Seguin au travers de : « Semences Buissonnières ».
Un manuel filmé, presque une encyclopédie qui détaille la production de semences de 32 légumes dans une série de petits courts-métrages. Des petits films d’une beauté graphique et d’une clarté remarquable qui au-delà de leur aspect didactique, pose la question de l’autonomie alimentaire.
Semences Buissonnières est un coffret de 4 DVD disponibles en français, en anglais ou en allemand.
Il aborde par l’image les étapes de la production des semences de 32 fruits ou légumes, les choux, la salade, les tomates, le concombre, l’aubergine ou encore le poivron, bref, les vedettes de nos jardins.
Chacune de ces variétés est l’objet d’un petit module qui en dresse les caractéristiques ainsi que les trucs et astuces pour mener à bien la culture des plants « porte-graines », qui, comme son nom l’indique, vous gratifieront de leurs semences.
Le film comprend également 8 modules techniques (les « ABC ») permettant d’assimiler des rudiments de botanique pour mener à bien des opérations parfois minutieuses telles que la pollinisation manuelle, les techniques d’isolement ou encore l’extraction et le tri des semences. Ils sont accompagnés de splendides illustrations d’aquarelles vibrantes de vie et de couleurs.

Nous vous recommandons vivement ces DVDs ainsi que la lecture des pages de leur site (http://www.seedfilm.org/) pour approfondir les notions abordées dans notre article.

Les réalisatrices Martina Widmer et Sylvie Seguin, produisent leurs semences depuis + de 15 ans. Elles font partie de la Coopérative Longomaï (à Forcalquier dans le 05) et du FCE (Forum Civique Européen). Petit aparté à ce sujet : c’est un réseau international de solidarité qui organise des interventions directes avec de simples citoyens engagés pour mettre en lumière des dysfonctionnements sociaux peu ou pas dénoncés. Le FCE met en réseau les initiatives émancipatrices, en espérant « faire des petits pas vers l’utopie d‘un monde plus juste. » Amis engagés et intéressés renseignez vous ici (http://www.civic-forum.org/fr) !

Et aussi, allez à la rencontre de vos voisins, questionnez vos grands parents
et commencez à semer partout où vous pouvez : jardins, balcons, terrains vagues proches de chez vous …

Expérimentez sans limites et récoltez !!!

Anaïs S

 

Et retrouvez nos dossiers complets autour des plantes, de l’agriculture, la permaculture et bien plus encore dans chacun de nos magazines en vente ici.

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