L’asiminier trilobé ou manguier des pays froids…

L’asiminier produit des fruits mûrs autour du mois de septembre et, nous tenons à mettre en avant ce fruitier qui gagne à être connu et que vous pourrez chercher à déguster dans les prochaines semaines!

L’asiminier trilobé (Asimina triloba) est un arbre de la grande famille des annonacées (dont font par exemple parti le chérimoya, le corossol, l’ylang-ylang). Cet arbre est originaire d’Amérique du Nord et est également appelé paw-paw. Le nom d’asiminier dérive du nom du fruit asimine qui a été emprunté à une langue amérindienne de Louisianne.

L’asiminier peut tout de même atteindre jusque 15 mètres de hauteur. Il supporte des températures hivernales de – 25°C. Sa croissance est faible les premières années, car il commence par développer son système racinaire avec une racine pivot d’une fois et demi la hauteur du plant. Ses feuilles, oblongues, mesurent jusqu’à 20 cm de long et ont un port retombant. L’asiminier produit des fleurs rouge bordeaux à six pétales : trois à l’intérieur et trois à l’extérieur. Une pollinisation est nécessaire pour produire des fruits.

L’asimine ressemble à une petite mangue de la variété émeraude. De couleur verte, il peut tirer sur le jaune à maturité et atteindre jusqu’à 15 cm de long. Il contient plusieurs graines noires de 2 à 3 cm qui font penser à celles du chérimoya. Comme ce dernier, il supporte d’ailleurs difficilement le transport, à moins d’être cueilli avant maturité complète. Ce fruit crémeux a un goût évoquant à la fois la mangue et la banane.

Supportant des températures jusque – 25°C et produisant des fruits évoquant la notamment mangue, l’asiminier est un arbre extraordinaire qui nous permet de nous passer de fruits exotiques tout en faisant voyager nos sens. . .

Christohe, notre éditeur, raconte : « Cet été, j’ai rencontré plusieurs personnes qui m’ont dit planter des asiminiers, que ce soit dans le sud de la France ou autour de Paris. J’ai eu envie de goûter ce fruit qui semblait porteur de bien des promesses. Quelle n’a pas été ma surprise lorsque, en septembre, j’ai constaté qu’il y avait des asiminiers dans le jardin botanique de Strasbourg. Je m’y suis donc rendu et l’arbre avait des fruits. Certains étaient tombés au sol et je ne ne me suis pas fait prier pour les ramasser ! C’est incroyable qu’un fruit ressemblant autant à la mangue pousse ici. L’hiver dernier, nous avons eu des températures de – 15°C et cela ne m’a donc pas empêché de me régaler d’asimines en septembre. »

Gaby, lui, a goûté des asimines à Meynes, près de Nîmes. Il témoigne : « C’est délicieux et ça ressemble à un fruit tropical comme deux gouttes d’eau. Pour moi, c’est un fruit qui fait penser au durian, au jacques, à la papaye, à la banane et à la mangue. » Tout un programme…

L’asimine est donc un fruit qui gagne a être redécouvert et replanté ! C’est d’ailleurs parce que des fruits de ce genre sont tombés dans l’oubli que bien des crudivores se tournent, au moins un temps, vers les fruits exotiques, qui sont souvent un équivalent local de ces derniers. C’est que le corps, lui, ne les a pas oubliés !

Carine Phung

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