Complément web N°3

Voici l’intégralité du témoignage de Jérémy (cf la rubrique Le club des cuits anonymes) :

Chemin d’une révolution alimentaire

Tout a commencé fin 2005. Après deux années de prépa à subir un enfer quotidien, je me suis retrouvé en école d’ingénieur, avec un appartement à moi, et, surtout, du temps pour réfléchir.

Après deux mois, je m’étais mis au Qi Gong, au yoga, à la danse, au violon, je mangeais bio, je ne mangeais plus de viande et je séchais la moitié des cours, ayant compris que je ne voulais pas travailler dans un milieu où la seule valeur était l’argent.

Le site onnouscachetout joua pour moi le rôle de briseur de tabou, tout y était remis en question. A nouveau je me mis à réfléchir librement, à écouter mon intuition et ma raison. Je me mis à la recherche de ce que je voulais vraiment faire de ma vie. Ma curiosité insatiable perdue durant mon enfance revint plus forte que jamais et sans cesse surgissaient en moi les questions « Pourquoi ? » et « Comment ? ».

J’avais quelques problèmes de santé : pellicules, acné, douleurs type fibromyalgie et j’ai voulu comprendre le POURQUOI. D’où venaient ces problèmes ? C’est ainsi qu’ont débuté mes essais alimentaires.

On lit tout et son contraire sur l’alimentation, que ce soit sur internet ou dans les livres. Mais outre les pesticides, les additifs alimentaires et les aliments transformés (que j’évitais déjà) émergea la question du gluten, puis celle des produits laitiers et d’innombrables autres. Je m’informais à fond… puis finis par mettre en pratique.

Je supprimai le gluten et mes pellicules résistantes à tous les shampoings disparurent pour ne plus revenir.

Je supprimai les produits laitiers et mon acné qui avait survécu à tous les traitements chimiques se fit oublier.

Depuis le début des années 2000 chaque année, en février, je faisais une thyroïdite qui durait deux semaines (avec ou sans médicaments, tout pareil) … Pour la première fois, en 2007, aucun problème, et la maladie n’a jamais reparu depuis. Mon transit s’est également beaucoup amélioré. Par l’expérience, je compris à quel point l’alimentation était importante pour la santé.

Malheureusement mes douleurs restaient présentes. Quelques temps plus tard elles empirèrent, me causant des migraines infernales de plusieurs heures par jour… Je compris qu’elles se déclenchaient quand j’étais exposé à la technologie sans fil. Téléphone portable, DECT, WI-FI, ligne à haute tension, antenne relais, plaque à induction, GPS, etc.

Le coupable (à part les ondes) ? Personne n’en est sûr. Mais l’intoxication aux « métaux lourds » est le suspect numéro un. Il est vrai que je suis l’aîné de la famille (les mères se déchargent de leurs toxines sur leur enfant à chaque grossesse), que ma mère a des amalgames et que j’ai subi vint-deux injections vaccinales (la plupart « polyvalentes »), sans compter les pastilles de fluor que je prenais petit, bien sagement, tout les soirs…

Alors, je supprime les « métaux lourds » ? Pas si simple.

En fait, après les échecs répétés de la médecine face à mes pellicules, à mon acné, à mes thyroïdites, à mes douleurs, aux migraines, face aux effets de la vaccination, et face à la négation de l’existence de l’électrosensibilité, je décidai plutôt d’adopter une démarche hygiéniste. Donner à mon corps ce dont il avait besoin et lui faire confiance pour guérir. Mais de quoi avait-il besoin en fait ?

C’est le livre de Weston Price, Nutrition and physical degeneration, et les articles sur le site westonaprice qui me firent prendre conscience des dangers liés à la consommation de céréales ou de légumineuses. C’est le livre de Seignalet, L’alimentation ou la 3ème médecine, qui m’ouvrit les yeux sur la nocivité des aliments cuits. Enfin c’est grâce à Thierry du site vivrecru ainsi qu’au livre The detox miracle sourcebook de Robert Morse que je compris quels sont les aliments véritablement adaptés au corps et pourquoi ils le sont.

Je sais maintenant que les maladies s’installent en nous car notre corps n’a pas les éléments nécessaires pour se défendre, pour éliminer, pour détoxiquer et plus encore parce que les aliments que l’on consomme participent à sa destruction ! Les gens se déresponsabilisent de la maladie, ils voient ça comme quelque chose d’extérieur, une catastrophe naturelle et ils vont voir un autre agent extérieur, le médecin, pour qu’il les en libère. Mais c’est nous qui construisons nos maladies !

Cela fait deux ans que le cru s’est introduit dans ma vie. Au fur et à mesure du temps il a pris une place de plus en plus importante dans mon alimentation jusqu’à en représenter 90 % (bientôt 100 %). Mes migraines ont disparu, ma fatigue chronique s’estompe, les douleurs s’atténuent avec le temps, ma barbe rugueuse est devenue douce. La puissance d’un corps qu’on respecte est fantastique !

Je me lève généralement vers 7h, je me douche puis fais quarante minutes de yoga. Je ne mange rien avant 10h (voire 12h). Je commence par un jus ou des fruits puis, le midi, une salade de légumes, et des fruits. Le soir, c’est très variable : soit un jus, soit des fruits, soit une salade, soit du cuit (pomme de terre, soupe de légumes).

Je reste surtout à l’écoute de mes besoins et consomme ce qui me fait envie dans le respect de mon corps. Parfois les aliments qui m’attirent me procurent des sensations fortes comme des mangues qui m’envoient des picotements dans la langue ou du céleri que je peux sentir à plusieurs mètres de distance.

J’ai expérimenté divers symptômes de détoxification, surtout cette dernière année avec l’introduction des jus : grande fatigue, diarrhée, douleurs infectieuses dans les gencives et dans les reins… mais chaque fois, après quelques jours, ces symptômes disparaissaient et je me retrouvais plus fort, plus lucide, plein d’énergie !

Évidemment l’alimentation ne fait pas toute la santé. Il y a aussi le sommeil, l’état d’esprit, l’activité physique, les projets et les relations sociales, il y a regarder le soleil, toucher la terre, sentir l’air et boire l’eau…

On me dit parfois que je suis « extrémiste ». Pourtant, si j’ai pris ce chemin, c’est parce qu’ainsi je me sens mieux dans ma tête et dans mon corps ! Je parlais de responsabilité plus haut, je pense sincèrement que nous devons être honnête avec nous-même et assumer notre nature profonde si l’on veut vivre dans le bonheur.

Le cru m’a permis de me reconnecter profondément à moi-même et de me régénérer. Quelle était l’alternative ? Continuer de me laisser détruire par le monde « moderne » et toutes ses drogues ?

Chemin d’une révolution éducative

Dans le même temps que grandissait en moi le respect de mon corps s’enracinait aussi l’idée du respect de l’autre, la règle d’or de toutes les religions : « Comporte toi envers les autres comme tu voudrais qu’ils se comportent envers toi. ». Je découvrais la Communication Non Violente et travaille depuis à la mettre en application, l’œuvre d’une vie. J’adoptais aussi les yamas et niyamas qui constituent un code moral yogi basé sur la vérité et la non violence.

Peu avant de commencer à enseigner je lus Ivan Illich : La convivialité, œuvre majeure s’il en est, Némésis médicale qui n’est pas étrangère à ma conversion à l’hygiénisme et Une Société sans école qui fit écho en moi, présageant mes difficultés d’intégration dans l’Éducation Nationale.

Mon premier enfant naquit, un fils, nous l’appelâmes Ivan.

Je suis un tri-iste sire (extrémiste, idéaliste et perfectionniste), je voulus, et veux encore, le meilleur pour lui. Là encore je m’étais posé beaucoup de questions et les réponses furent sans appel, cela serait l’allaitement long, les couches lavables et l’HNI (hygiène naturelle infantile ou l’écoute des besoins d’élimination de l’enfant, si possible ailleurs que dans une couche), le cododo, le portage…

Pourquoi ce type de parentage n’est-il pas plus répandu ? Pourquoi accorde-t-on plus d’importance au jugement d’autrui qu’aux besoins de nos enfants ? N’est-ce-pas justement parce que nous avons manqué d’amour qu’aujourd’hui nous avons si peur d’être rejeté ? Brisons ce cercle infernal, rendons ce monde meilleur.

Quelque part, c’est pour ça que je m’étais réorienté vers l’enseignement, pour aider les adultes de demain à briser le cercle. Je suis donc arrivé dans cette institution à la hiérarchie militaire, où les vieilles traditions ont force de loi, où on trouve l’aride devoir omniprésent et la joie absente, voire suspecte. Je fis mon possible. Je m’inspirais de Maria Montessori, de son matériel, du choix qu’elle laissait aux élèves, de son principe de bienveillance bien sûr.

J’étais « trop « gentil » : je ne punissais pas autant que mes collèges. Je défiais la constante macabre en notant de manière à encourager les « mauvais » élèves. Je ne m’érigeais pas en juge tout puissant.

La liberté pédagogique n’a malheureusement que peu de réalité. Encadrée par un programme rigide aux compétences arbitraires, privée des moyens nécessaires pour prendre en charge les difficultés spécifiques à chacun, et toujours des élèves déjà modelés par la pression, l’évaluation, la compétition et le flicage permanent.

Dans ma recherche d’améliorer les choses, de briser le cercle, je lisais, je réfléchissais, je cherchais le moyen de remettre les besoins de l’élève au centre du processus d’apprentissage comme nous avions mis les besoins de notre fils au cœur de notre parentalité.

Quand ai-je cessé de croire en l’école ? Y-ai-je même jamais cru ? Je ne sais pas. Je lus Catherine Baker, en discutait avec Philippe Meirieu … qui n’avait pas grand chose à en dire. Je lus Alexandre S Neill, André Stern et Sophie Rabhi, je lus Paul Diel, Carl Rogers et surtout John Holt How children learn, une révélation.

Que reprocher à l’école ? La liste serait trop longue à faire ici mais en substance :

Les enfants y sont passifs. Ils ne choisissent pas leur programme, ils ne choisissent pas leur emploi du temps, ils ne choisissent pas leurs camarades, ils ne choisissent pas de quelle manière travailler, ils n’ont pas le droit de travailler quand il faut aller en récréation ou de faire une pause quand il faut travailler, ils n’ont pas le droit de réfléchir quand il faut écrire ni d’écrire quand il faut écouter, ils ne peuvent pas poser leurs questions ni corriger leurs réponses, ils n’ont pas le droit de bouger de leur chaise, ils n’ont pas le droit de discuter les ordres d’un enseignant même s’ils sont injustes, ils n’ont  pas même le droit de parler alors que le langage est « une compétence fondamentale » !

Comment s’étonner de les retrouver ensuite, toujours passifs, devant la télé ? Sans envies, sans projets, sans même la capacité de faire preuve d’initiative.

Laisser les enfants faire leurs propres choix, et les respecter, c’est leur permettre de se construire en tant qu’individu. Bafouer ce droit c’est non seulement faire preuve de discrimination mais aussi handicaper leur avenir.

Paradoxalement mes convictions anti-école me conduisirent à scolariser mon fils. Il fit le choix d’y aller, pour faire comme les autres enfants, et nous respectâmes ce choix. A trois ans difficile de faire la part des choses, difficile de comprendre qu’on s’engage pour toute une année, difficile de comprendre qu’aller à l’école est indissociable de certaines contraintes.

C’était son choix malgré tout, scolarisé donc, le matin en petite section avec une bonne enseignante.

Au fil de l’année, en discutant avec lui de ce qu’il découvrait, les choses devinrent plus claires. Il  voulait les côtés positifs tout en refusant le négatif, il aurait voulu une école à la carte où il serait allé quatre à cinq fois par mois pour fêter les anniversaires et faire les sorties.

Du côté apprentissage, la maîtresse elle-même nous a déclaré qu’Ivan n’avait rien appris  Et du côté social, nous remarquâmes qu’Ivan était moins spontané, moins communicatif et imitait les comportements violents observés à l’école.

Nous nous sommes tout deux déscolarisés et découvrons maintenant la vie de façon autonome (unschooling). Sa sœur Mira, né à la maison, prendra le même chemin. Je vous raconterai…

Jérémy Fourestier

2 commentaires

  1. Merci de ce témoignage très complet, de votre démarche et de votre engagement. Je vais vous suivre… Je n’en suis pas là avec la nourriture mais oui, les questionnement, le sens et la profondeur. Belle aventure à vous.

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